Depuis quelques semaines, les médias nous rappellent à l’envi les évènements de mai 68. Les soulèvements qui ont paralysé le pays pendant un mois s’expliquent par la volonté des jeunes de se débarrasser du carcan des traditions. Il fallait entre autres limiter le poids de la hiérarchie et accorder une place plus importante aux femmes dans la vie professionnelle.
Mai 68 cependant n’a pas eu d’impact brutal sur la profession funéraire. Le processus de changement s’était enclenché plus tôt, dès le concile Vatican II (1962-65), qui faisait disparaître les classes de convois, les catafalques, les condoléances en fin de cérémonie, et qui permettait de célébrer des funérailles religieuses pour des divorcés ou des suicidés.
Les années 60 ont donc été le tournant significatif marquant la fin des “funérailles à l’ancienne“. Le cérémonial, réduit au minimum, est devenu le même pour tous, quel que soit la personnalité du défunt ou de ses proches.
Préoccupés par cette situation, et soucieux de venir en aide aux familles, les conseillers funéraires offrent aujourd’hui de plus en plus de services. Ils sont maintenant à même de guider non seulement sur l’organisation des obsèques, mais aussi sur le cérémonial, les produits de prévoyance, les services d’assistance après décès.
De nombreux changements ont considérablement modifié l’approche des services funéraires. La présence de communautés immigrées rend nécessaire la connaissance de leurs différents rites et usages. La baisse de la pratique religieuse chrétienne, l’allongement de la durée de la vie, l’éloignement des familles, le fait de mourir à l’hôpital et non plus chez soi, tous ces facteurs ont profondément modifié nos comportements.
De nos jours, les familles s’en remettent aux conseillers funéraires, leur demandant de les guider non seulement pour l’organisation des obsèques, mais aussi pour la mise sur pied du cérémonial, qui sera adapté à la personnalité du défunt et de ses proches. Les réseaux et les grandes entreprises de la profession funéraire se sont déjà tous penchés sur ce sujet en effectuant un travail de réflexion sur le cérémonial civil et proposent des stages et des manuels consacrés à cette question.
Les conseillers funéraires doivent aussi être informés des divers modes de prévoyance funéraire, pour aider les familles à trouver le contrat qui conviendrait le mieux à leurs souhaits, car la grande majorité des personnes sont complètement perdues dans le dédale des nombreuses offres présentes sur le marché. Seul un expert saura s’y retrouver.
Les cérémonies et les contrats de prévoyance ne sont pas les seuls points sur lesquels il faut conseiller les familles, il y a aussi les démarches après décès. Ces services sont proposés au public depuis déjà un certain temps avec plus ou moins de succès, selon que l’entreprise se contente de procurer une brochure avec des conseils et des lettres types, ou qu’elle donne la possibilité d’effectuer ces démarches après décès, ce qui est un avantage considérable pour les enfants vivant loin de leurs parents ou pour un conjoint survivant désemparé.
Les services offerts aux familles sont vraisemblablement l’un des secteurs d’activité qui vont se développer d’une façon significative dans les prochaines années, c’est un aspect de la profession qui doit évoluer et être pris en considération, qu’il y ait ou non un Mai 2008 !
Maud Batut